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La méthode Cuevas-Medek, créée par le kinésithérapeute chilien Ramón Cuevas, est une approche de rééducation motrice destinée aux enfants présentant des retards ou des troubles du développement moteur, comme la paralysie cérébrale, certains syndromes génétiques ou des atteintes neurologiques.
Basée sur la stimulation active du mouvement contre la gravité, cette méthode encourage l’enfant à développer ses réactions posturales, son équilibre et ses capacités motrices. Le thérapeute adapte ses points de soutien et propose des situations qui sollicitent les réactions propres de l’enfant, afin de l’encourager à mobiliser son corps et à développer de nouvelles réponses motrices.
Cette approche s’appuie notamment sur les capacités d’apprentissage et d’adaptation du système nerveux, que l’on appelle la plasticité cérébrale. À travers les exercices et leur répétition, l’enfant est amené à expérimenter des mouvements et des ajustements corporels qui peuvent contribuer à l’évolution de ses compétences motrices.
Pendant les exercices, le thérapeute soutient l’enfant à différents endroits de son corps et adapte progressivement les points d’appui pour solliciter ses réactions posturales. Le soutien peut notamment être déplacé du tronc vers le bassin, les genoux ou les pieds, selon les capacités de l’enfant et la difficulté recherchée.
Cette façon de travailler vise à encourager l’enfant à contrôler davantage sa posture, à mobiliser ses muscles et à ajuster son équilibre face à la gravité. Le thérapeute observe ses réactions et adapte les exercices au fur et à mesure.
L’objectif n’est pas simplement de reproduire un mouvement, mais de stimuler les réponses motrices de l’enfant afin de favoriser l’apprentissage de nouvelles compétences.
La CME peut viser différents objectifs selon les besoins et les capacités de chaque enfant :
Les progrès peuvent se traduire par une meilleure maîtrise de certaines positions, des appuis plus efficaces ou une évolution des mouvements du quotidien. Ils varient cependant d’un enfant à l’autre, en fonction de sa situation et de ses capacités initiales.
La CME se pratique généralement sous forme de stages intensifs, comprenant deux séances de 45 minutes par jour. Ces séances permettent au thérapeute de travailler de manière approfondie les objectifs moteurs définis pour l’enfant et d’adapter les exercices à ses réactions.
Mais le travail ne s’arrête pas à la fin du stage. La régularité et la répétition des exercices à la maison occupent une place centrale dans cette méthode. À l’issue du stage, les parents reçoivent des exercices adaptés à leur enfant qu’ils sont invités à poursuivre au quotidien, dans le respect des consignes du thérapeute.
Les parents jouent ainsi un rôle important dans la continuité de la prise en charge. Le professionnel leur montre les exercices, leur explique comment les réaliser et précise les points de vigilance. L’objectif est de prolonger à la maison le travail commencé pendant les séances intensives.
Lorsqu’un kinésithérapeute formé à la CME exerce à proximité du domicile, un suivi hebdomadaire peut également être proposé. Toutefois, comme les professionnels sont peu nombreux, de nombreuses familles doivent s’organiser autour de stages intensifs espacés, entre lesquels elles poursuivent les exercices à la maison.
La régularité de la pratique et la collaboration entre le thérapeute, l’enfant et ses parents sont donc au cœur de cette approche. Cet engagement permet d’assurer une continuité du travail moteur, même si les progrès dépendent aussi de nombreux facteurs propres à chaque enfant.
L’accès à la CME reste un véritable défi pour les familles. Les thérapeutes formés à cette méthode sont peu nombreux sur le territoire français, et les professionnels ayant atteint les niveaux de formation les plus avancés le sont davantage encore. Il peut être nécessaire de parcourir de longues distances pour trouver un praticien et organiser un stage.
Parmi les praticiens français de niveau IV figurent notamment Cédric Bonte et Aurélien Muguet. Ce niveau avancé leur permet également de former des professionnels de santé, notamment des kinésithérapeutes, à la pratique de la méthode CME.
Leur rôle est donc double : accompagner les enfants présentant des difficultés motrices et transmettre leur expertise à de nouveaux praticiens. Cette formation est un enjeu important pour favoriser le développement de la méthode en France et permettre à davantage de familles d’y accéder.
La méthode CME peut s’intégrer au parcours de rééducation d’un enfant présentant des difficultés motrices. Elle propose un travail spécifique autour du mouvement actif, des réactions posturales et des appuis, en complément des autres accompagnements dont l’enfant peut bénéficier.
La CME demande du temps, de la régularité et un véritable engagement familial. Pour les parents qui choisissent cette approche, elle représente une possibilité supplémentaire de travailler les capacités motrices de leur enfant, avec l’accompagnement d’un thérapeute formé et la continuité des exercices au quotidien.
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